Les Ambassadeurs du Crillon

Quel courage ! Et pour quel challenge ! Durant des mois et des mois, le navire a tangué et l’hôtel de Crillon revient de loin. Au restaurant et dans les cuisines, plane l’ombre de Jean-François Piège, de ses deux étoiles Michelin et de son style unique. Pourtant, Christopher Hache garde le sourire et n’a pas l’intention d’avancer en regardant derrière lui. Bon esprit donc pour celui qui vient de prendre sur ses jeunes épaules (28 ans) toute la restauration du Crillon et principalement le gastronomique. C’est là, dans cette salle à manger incroyable de beauté, de chic feutré, et de kitch qu’on attend ce chef presque inconnu, mélange de timidité et de charme, qui est pourtant passé par Alain Senderens, Eric Fréchon au Bristol, et Frédéric Robert à La Grande Cascade. On devine donc le parfait casting pour le Crillon.

Le privilège de la table

Pas facile de devenir le chef de l’Hôtel Royal à Evian, palace historique et somptueux, écrasant de beauté et d’élégance dans son parc de 19 hectares qui surplombe le lac Léman. Un défi que relève avec courage et talent le chef Patrice Vander Stichelen.

L’Hôtel Royal, à l’image du Léman qui le borde, reste immuable depuis 100 ans dans sa splendeur originelle. Extérieur/intérieur, accueil/service, décor des salles et des chambres, arbres et jardins, calme et détente, respiration/inspiration d’une nature certes domptée mais tellement en repos avec nous et avec elle-même, tout ici respire le charme en une sorte de chic éternel comme seule la France et ses grands monuments de l’hôtellerie savent en garder l’essence. Il fût longtemps l’hôtel des rois et des princes, il est aujourd’hui un des derniers palaces qui mérite le nom de « royal ».

Assaggio

Tout nouveau, tout beau ! Niché dans le discret mais chic hôtel Castille, l’Assagio fait une rentrée de septembre tonitruante. Un décor refait à neuf qui en avait bien besoin, plus chaud, plus confortable, en harmonie avec la tonalité générale de l’hôtel. On aime beaucoup les pochoirs d’artichauts au mur ! Nouveau directeur du restaurant, Gerardo Gargiulo possède une expérience éprouvée dans les palaces et restaurants de Milan et de Calabre. Un homme précieux pour vous initier dans la découverte des vins majoritairement italiens qu’il propose dans une carte ramassée autour de 200 étiquettes et une belle sélection de vins au verre (de 10 à 16 €). On peut lui faire confiance, et n’hésitez pas à aller vers les blancs italiens qui surprennent agréablement. Toujours directeur de l’hôtel, le parfait Loïc Le Berre vient de changer de chef, ce qui est également une bonne nouvelle tant le précédent se perdait dans une cuisine faussement sophistiquée. On change de style et de talent avec Gianluca Re Fraschini, Milanais bon teint au beau parcours international (Dubaï, Tel-Aviv, Californie etc.).

Nicolas Rucheton, l’Arty Chef !

Il y a ceux qui tiennent le devant de la scène et qui font tout pour : les Meurice, George V, et autres Plaza. Puis, les adresses cachées, presque anonymes, une sorte de charme discret de la bourgeoisie. On s’attend à voir Deneuve ou Lonsdale s’installer dans ce délicieux boudoir aux allures de bonbonnières bariolées. La nouvelle salle est pimpante, élégante, rajeunie, avec une touche « arty » grâce à la bibliothèque, l’ensemble jouant le contraste par rapport au bâtiment cossu. L’endroit idéal pour hommes d’affaires à midi et amoureux le soir. Emmanuel Briat gère le restaurant d’une main remarquable de gentillesse et de professionnalisme. Il présente une carte des vins intelligemment sélectionnée dans toutes les régions à des prix, ô surprise, très raisonnable. Aussi passionné de vins que de bons produits, il sélectionne également quelques pépites comme le Saint-Marcellin de la mère Richard à Lyon, les chèvres de Monsieur Fabre, ou les langoustines arrivées vivantes d’Ecosse. Avec tout le chef Nicolas Rucheton, jeune et discret, change sa carte toutes les six semaines et s’applique à faire de son mieux.