Terroir Parisien

Retour à la terre pour Yannick Alléno. L’homme au firmament des étoiles et de la notoriété se retourne vers ses racines, son « terroir » (il est né à Puteaux), part à la recherche des derniers producteurs seuls survivants d’une ancienne richesse et d’une diversité de produits unique à l’Île de France. L’incroyable est qu’il en a trouvé et des bons ! Cultivateurs, producteurs de fruits, de légumes, dernier éleveur de moutons en Seine & Marne, charcutier à l’ancienne pour le vrai jambon de Paris, et bien d’autre encore. Il s’est engagé à travailler avec eux, prendre une partie de leurs productions pour créer l’année dernière un menu spécial « Terroir Parisien » au Meurice, à un prix plus qu’abordable selon les critères du palace parisien. Un festival de recettes traditionnelles parisiennes revisitées par le génie créateur du chef. Plus qu’un hommage : la résurrection d’une culture, d’une identité et d’un savoir faire de passionnés.

Assaggio

Tout nouveau, tout beau ! Niché dans le discret mais chic hôtel Castille, l’Assagio fait une rentrée de septembre tonitruante. Un décor refait à neuf qui en avait bien besoin, plus chaud, plus confortable, en harmonie avec la tonalité générale de l’hôtel. On aime beaucoup les pochoirs d’artichauts au mur ! Nouveau directeur du restaurant, Gerardo Gargiulo possède une expérience éprouvée dans les palaces et restaurants de Milan et de Calabre. Un homme précieux pour vous initier dans la découverte des vins majoritairement italiens qu’il propose dans une carte ramassée autour de 200 étiquettes et une belle sélection de vins au verre (de 10 à 16 €). On peut lui faire confiance, et n’hésitez pas à aller vers les blancs italiens qui surprennent agréablement. Toujours directeur de l’hôtel, le parfait Loïc Le Berre vient de changer de chef, ce qui est également une bonne nouvelle tant le précédent se perdait dans une cuisine faussement sophistiquée. On change de style et de talent avec Gianluca Re Fraschini, Milanais bon teint au beau parcours international (Dubaï, Tel-Aviv, Californie etc.).

Nicolas Rucheton, l’Arty Chef !

Il y a ceux qui tiennent le devant de la scène et qui font tout pour : les Meurice, George V, et autres Plaza. Puis, les adresses cachées, presque anonymes, une sorte de charme discret de la bourgeoisie. On s’attend à voir Deneuve ou Lonsdale s’installer dans ce délicieux boudoir aux allures de bonbonnières bariolées. La nouvelle salle est pimpante, élégante, rajeunie, avec une touche « arty » grâce à la bibliothèque, l’ensemble jouant le contraste par rapport au bâtiment cossu. L’endroit idéal pour hommes d’affaires à midi et amoureux le soir. Emmanuel Briat gère le restaurant d’une main remarquable de gentillesse et de professionnalisme. Il présente une carte des vins intelligemment sélectionnée dans toutes les régions à des prix, ô surprise, très raisonnable. Aussi passionné de vins que de bons produits, il sélectionne également quelques pépites comme le Saint-Marcellin de la mère Richard à Lyon, les chèvres de Monsieur Fabre, ou les langoustines arrivées vivantes d’Ecosse. Avec tout le chef Nicolas Rucheton, jeune et discret, change sa carte toutes les six semaines et s’applique à faire de son mieux.

La Mirande

Nous sommes dans l’exception et l’exceptionnel. Un lieu chargé d’histoire á l’ombre du Palais des Papes, en Avignon. Dès la porte franchie, on pénètre dans un autre monde fait de douceur ouatée, de pas feutrés, de couleurs apaisantes, de raffinement subtil dans la décoration, les meubles, et où chaque objet est une référence au 18 ème siècle sans pour autant être passéiste. Le patio, d’ombre et de lumière, le grand escalier majestueux qui mène aux chambres, tout est d’un goût parfait, unique, harmonie entre un décor de rêve et une modernité discrète mais bien présente dans le confort des prestations de l’hôtel. Sensation incroyable et privilégiée de vivre, l’espace d’une étape ou d’un séjour, dans cette maison si particulière, protégée du bruit et de l’activité d’Avignon en y étant pourtant au coeur.

La Cuisine de Régis et Jacques Marcon

Le Clos des Cimes serait-il le restaurant triplement étoilé le moins connu de France ? Peut-être. En tout cas le plus difficile d’accès, lá-haut dans la montagne á Saint-Bonnet-le-Froid au fin fond de la Haute Loire. Mais quelle récompense! Un paysage sauvage et beau, un chef dont le talent imprégné de ses montagnes n’a d’égal que sa modestie et qui travaille depuis peu avec son fils.

Antoine, à marée haute

La Marée très basse, Minchelli fatigué, Le Divellec pratiquement á la retraite, les restaurants parisiens de poissons battent de l´aile. Puis Antoine vint. Pas encore un saint mais en tout cas une bénédiction. Car le propriétaire du lieu, Antoine Vigneron, est une figure sinon mythique du moins incontournable de la gastronomie parisienne. Le voilá dans ses murs, la Seine á ses pieds et la Tour Eiffel dans les yeux.

Alain Passard

Alain Passard, a une véritable passion pour le geste, comme il se plaît à le répéter. Il aime la main en cuisine, sa beauté, son agilité, sa grace. Elle obéit à l’oeil, pose et dessine l’assiette, c’est elle qui fait la différence, et vous invite au voyage! » C’est incontestable, la cuisine d’Alain Passard est inventive, savoureuse et pleine de nuances. Elle est un plongeon dans l’irréel, dans l’inattendu, une découverte sur mesure. Le chef est un magicien des cuissons, infatigable compositeur d’une symphonie unique, écrite juste pour son hôte du moment.