Caroline Rougemont : Plus « proche » des autres !

D’origine réunionnaise, Caroline Rougemont est enseignante pour des élèves de CM1 et CM2 à Montréal, où elle a choisi de s’installer il y une dizaine d’années maintenant.  Si elle se sent privilégiée durant cette période si particulière, cette mère de deux petites filles, a aussi du adapter son emploi du temps, entre cours à distance avec ses élèves et sa vie de famille. En confinement jusqu’au 19 mai, elle nous livre quelques unes de ses impressions sur cette bien étrange période !

LCV Magazine : Comment allez-vous Caroline ? 

Caroline Rougemont :  Bien, merci. Vivant au Canada, je me sens privilégiée. J’ai aussi la chance d’avoir conservé mon emploi – que je peux exercer à distance – et mes proches se portent bien. Et, malgré le fait qu’au fil des semaines la fatigue se fasse sentir ( semaine 8 avec deux petites filles de 4 et 2 ans qui demandent beaucoup d’attention), dans l’ensemble, tout va bien. 

LCV Magazine : Comment vous êtes vous adaptée à la situation ? 

Caroline Rougemont : Les premiers jours ont été difficiles, mais mon conjoint et moi avons rapidement mis en place un programme pour nous organiser. Depuis, on jongle 🙂 : travail, enfants, tâches ménagères. En ce qui concerne ma classe, j’ai aussi dû rapidement m’adapter. Au fil du temps, j’ai découvert un certain intérêt pour les capsules vidéos en ligne, comment essayer de garder l’attention de mes élèves alors qu’ils ne sont pas proches de moi.  Selon les leçons à enseigner, ce sont bien sûr différents défis à relever. Mais on s’adapte, et ça se passe très bien. 

LCV Magazine : Votre regard sur le monde et sur l’humain a-t-il changé ces dernières semaines ? 

Caroline Rougemont : Depuis ce confinement, je trouve que malgré les distanciations sociales exigées, je me sens plus « proche » des autres. Les emails et les appels, reçus ou émis, se terminent toujours par un mot bienveillant « portez-vous bien, j’espère que tout va bien pour vous »…. J’ai l’impression que tout le monde s’entend pour lutter contre ce virus, une sorte de combat commun pour tous, quelque soient la situation sociale ou l’âge des gens…

LCV Magazine : Comment se déroulent vos journées ? 

Caroline Rougemont : Lorsque je ne suis pas devant mon ordinateur pour le travail, je m’occupe de mes filles : dessins, puzzles, parcours sportifs. On essaie d’être créatif :). Je n’ai finalement que très peu de temps « libre » ! Moi qui adore cuisiner, malgré ce temps à la maison, je suis frustrée de ne pouvoir m’y mettre. 

LCV Magazine : Alors que nous avons amorcé le dé-confinement en France, il n’en est pas de même pour vous, comment appréhendez vous «  l’après », que ce soit de manière personnelle ou professionnelle ? 

Caroline Rougemont : À court terme, je me demande comment la reprise sera organisée, aussi bien à l’école que dans la vie de tous les jours. Je crains que ça ne soit compliqué pour tout le monde… Sur un plus long terme, je vais prendre le côté positif de ce confinement et de la classe à distance. En tant qu’enseignante, il y a clairement des choses que je vais tenter de développer, comme par exemple, faire de plus en plus de capsules vidéos pour que mes élèves puissent réviser leurs cours à la maison.  

LCV Magazine : Qu’est ce qui vous a manqué le plus depuis le début du confinement ? 

Caroline Rougemont : Des moments « seule »  ! Nous passons de très beaux moments en famille, mais je manque de temps pour moi. 

LCV Magazine : Pour finir, votre « petit bonheur » de confinement ? 

Caroline Rougemont : Ne plus presser mes filles. Finis les « Vite ! On va être en retard ! Dépêche-toi ! » avant de partir le matin… Prendre le temps… ça fait du bien:)

Interview réalisé par Alexandra Filliez 
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