Philippe Chevallier : Rester optimiste est une nécessité

Il a longtemps été l’acolyte de Régis Laspalès avec qui il formait un duo connu de tous et foulait toutes les scènes de France et de Navarre. Mais aujourd’hui Philippe Chevallier fait cavalier seul et heureusement, ne manque pas de projets. Ce saltimbanque, comme il aime à se décrire, est drôle à la scène comme à la ville, l’homme à une vision réaliste du monde, ce qui ne l’empêche guère d’être un amoureux de la vie et de ses plaisirs. Confiné avec sa charmante épouse Stéphanie, à Paris – sa base logistique et stratégique – l’acteur nous fait le plaisir de partager avec nous différentes réflexions quant à la situation après ces deux mois de confinement !

LCV Magazine :  Comment allez-vous Philippe ? 

Philippe Chevallier : Je vais très bien, je vous remercie. Ce confinement m’a permis de faire des choses que je n’avais pas ou plus l’habitude de faire, comme reprendre contact avec un certain nombre de personnes que, la vie étant ainsi faite, j’avais perdu de vue J’ai aussi eu plus de temps pour m’adonner à des activités culturelles -comme lire davantage-, ou réflexives car cette période a également été l’occasion de faire un bilan sur soi. En définitif, il n’y a pas eu que des désagréments, néanmoins, heureusement que cela n’a pas duré 6 mois, car les activités de bon nombre d’entre nous ont été arrêtes en plein vol. Pour ma part par exemple, je devrais être sur scène au théatre depuis début mars ! 

LCV Magazine : Quelles sont les répercutions professionnelles de ce confinement vous concernant ?

Philippe Chevallier : Comme je viens de vous le dire, je devrais actuellement jouer une pièce au théatre du Gymnase, et pour l’heure nous ne savons toujours pas nous autres artistes, quand le voile va être levé. C’est l’inconnue totale. Pour des raisons sanitaires, le théatre à priori ne sont pas prêts de réouvrir tout de suite. Donc dans l’intervalle, j’ai profité de ce temps imposé pour écrire, mais aussi lire des scénarios et des pièces que l’on m’a envoyé, ou encore mettre en place des projets à plus long terme.

LCV Magazine : Comment avez vous vécu votre confinement ?

Philippe Chevallier : Globalement je l’ai vécu de manière positive, essentiellement parce que je dormais beaucoup, comme en hibernation. J’ai été à la fois résigné et actif.

LCV Magazine : Comment occupez-vous vos journées ? 

Philippe Chevallier : J’appelle beaucoup de gens, il est important de garder le contact surtout en ces périodes troubles. Je me suis aussi beaucoup renseigner sur l’évolution des moyens qu’il faudrait ajuster pour juguler la maladie, et j’ai par exemple signé la pétition de Philippe Douste-Blazy pour soutenir le Professeur Raoult. Je suis aussi très critique, comme beaucoup de français, et c’est un euphémisme, vis à vis de la manière dont le gouvernement a géré cette crise. Il nous a souvent donné l’impression de nous prendre pour des imbéciles, mais il faut avouer qu’il aurait tord de se priver car il y a de la matière. Sinon, j’ai beaucoup lu et écris… Je ne me suis ennuyé à aucun moment, bien au contraire j’ai trouvé que ces deux mois sont passés très vite.

LCV Magazine : Comment appréhendez vous l’après confinement ? 

Philippe Chevallier : Oui bien entendu, d’autant plus que l’après a déjà été décidé avant. J’ai notamment une tournée à partir d’octobre d’une pièce intitulée « Panique au ministère », qui est une reprise de ce qui a été créé il y a dix ans par Amanda Lear et Raymond Aquaviva. C’est pour moi l’occasion de partager la scène avec Julie Arnold et Rebecca Hampton. Je caresse aussi le « mince » espoir je pouvoir tout de même jouer « Le sommelier » au théatre du Gymnase en juillet et en aout, si les salle peuvent réouvrir bien sur… ce qui n’est pas gagné !

LCV Magazine : Votre vision du monde a t elle changé au cours de ces deux derniers mois ?

Philippe Chevallier : Hélas non. Ma vision du monde n’a absolument pas changé, elle est la même depuis un certain temps déjà, c’est à dire que nous sommes de pauvres êtres humains sur cette planète qui sommes obligés de subir un certains nombre de choses qui nous sont imposées par les hommes ou peut être une volonté divine qui sait ! C’est d’ailleurs amusant, j’ai pour la énième fois regardé « Barry Lindon » qui pour moi est un chef d’oeuvre du cinéma, tiré d’un nouvelle (au sens francais du terme) de trois pages écrites par un humoriste anglais du nom de William Makepeace Thackeray et dont Stanley Kubrick a fait un monument, et je trouve qu’il y a tout dans ce film, tout sur l’histoire de l’humain : la montée, les espoirs, le désespoir et la chute… Et j’ai souvent l’impression que nous sommes promis à cette vision tragique de nos destins individuels et collectifs… Mais rassurez vous, cela ne m’empêche pas de beaucoup rire. Mon père disait souvent : «  Lorsque tout va bien l’optimisme est un luxe, et lorsque tout va mal, c’est une nécessité. » Actuellement nous sommes dans la nécessité. Il faut rester positif. Lorsque les malheurs sont collectives ils sont beaucoup plus faciles a supporter, une idée que l’on retrouve dans « Candide » de Voltaire. 

LCV Magazine : Qu’est ce qui vous aura manqué le plus durant cette  ? 

Philippe Chevallier : Ne pas pouvoir monter à cheval, une activité que je pratique une fois par semaine en général.

LCV Magazine : Quels « petits bonheurs » vous aident à tenir ? 

Philippe Chevallier : La conversation, les rigolades avec mon épouse, un bon verre de vin avec un bon petit plat… et notre petite chien qui m’amuse beaucoup. Des choses simples en somme !

Merci à notre chère Carole Schmitz pour ces avant-dernières Confidences en confinement (un portrait par jour au moins, depuis 7 semaines à consulter ici)... Une autre série suivra, nous l'espérons !
, , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.