Alexandra Filliez : Vivre au présent bien plus qu’au futur !

Alexandra Filliez prête sa voix au cinéma, à la télévision et à la publicité depuis de nombreuses années. Installée au Canada avec sa famille depuis deux ans, elle est aussi une grande passionnée de communication ce qui l’a naturellement amenée à collaborer avec plusieurs magazines français et canadiens afin de pouvoir aller à la rencontre de gens de différents milieux, de cultures différentes et de pouvoir mettre en lumière leur passion, leur travail ou leur personnalité ! Mais pour l’heure, c’est de ce que lui inspire son confinement dont elle nous parle avec émotion.

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LCV Magazine : Comment allez vous Alexandra ? 

Alexandra Filliez : Bien, merci. Comme toute la planète, je m’acclimate à ce nouveau mode de vie que l’arrivée du « minuscule virus » nous impose. 

LCV Magazine : Comment vivez-vous ce confinement ? 

Alexandra Filliez : De façon optimiste, malgré quelques moments d’impatience… Ici au Québec, le gouvernement a mis en place un bonne prévention, et grâce au civisme de la population, la situation est encore sous contrôle malgré une courbe qui continue de grimper. On ne m’envoie pas sur un champ de guerre, on me demande de rester chez moi, avec ma famille 🙂 Je peux le faire, mes proches vont bien, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Je n’ai donc aucun droit de me plaindre. M’adapter au mieux à la situation jour après jour me semble juste logique. En revanche, je pense souvent au personnel soignant à travers la planète – je les admire tellement – et à tous ceux qui font que notre monde, forcé de ralentir son économie, continue de fonctionner (livreurs, agriculteurs, caissiers.. ) Comment vivent-ils ça, eux ? Et les personnes démunies ? Cela m’attriste. Comment se sentent-elles ? Et quelles séquelles tout cela leur laissera-t-il ?  Et celles qui vivent leurs derniers instants seules, quelles émotions ressentent-elles, quelles sont leurs dernières pensées ? En fait, je me pose beaucoup de questions sur tout cela en ce moment, bien plus que sur le futur…  

LCV Magazine : Comment occupez-vous vos journées ? 

Alexandra Filliez : Je me lève souvent avant tout le monde. Je commence par prendre un café, et s’il est vraiment tôt, je sors. Plutôt que les artères principales j’emprunte les ruelles qui se trouvent derrière les maisons du quartier, comme il y en a partout à Montréal ! Je me sens dans un cocon. Le bruit des oiseaux ou la musique sur les oreilles… J’ai toujours aimé marcher seule, mais là, c’est presque vital. En dehors de cela, les journées sont bien remplies. Nous avons l’habitude durant l’hiver au Canada, de passer de longues périodes à l’intérieur à cause des tempêtes de neige notamment, mais là j’avoue que l’équation « 2 enfants/2 adultes/H24 » depuis plus d’un mois est assez intense. Mais chacun y met du sien, se découvrant de nouvelles capacités culinaires, ménagères ou sportives (rires). L’ambiance est détendue. Au fil des semaines, un semblant de routine s’est même naturellement installé. Mon fils suit ses cours online, avec des prof extraordinaires, ses copains à distance avec qui parler et jouer, un peu de piano, des films et de la boxe avec sa soeur et son père. Avec mon « chum » (mon homme en québécois), nous nous organisons durant la journée en fonction de nos emplois du temps pour  nous occuper de notre petite fille qui est plus jeune et demande donc plus d’attention. C’est relax. Elle danse, aime dessiner aussi, jouer dehors (nous avons la chance d’avoir une terrasse et un bout de jardin) et suivre des ateliers online. Dans l’après-midi, je regarde rapidement le « point presse ». La team québécoise qui s’occupe de la gestion de la pandémie, en plus d’être compétente est fort sympathique et trouve toujours les bons mots pour tenir les citoyens bien informés sans créer d’effet panique. Je suis, à petite dose, ce qui se passe en Europe, bien sûr, mais sinon je vis plutôt dans le « présent ». Et puis, il y a les « FaceTime » et les messages aux amis, j’y passe du temps, ça fait du bien. Et enfin, je profite de cette « pause » pour trier, épurer ce qui est indispensable de ce qui ne l’est pas. Je continue à consommer et commander local, et uniquement local, dans les commerces du quartier. Les soirées, pas trop d’horaires, jeux, films, soit ensemble, soit chacun à ses activités. Avec mon chum, on aime mettre des documentaires, enlever le son et refaire les voix off par-dessus, à notre sauce. C’est ridicule mais ça nous fait marrer. J’ai aussi besoin de regarder des choses joyeuses et légères, écouter de la musique gaie. 

LCV Magazine : Travailler à la maison est-ce facile ?

Alexandra Filliez : Sur le principe, ça ne fait pas une grande différence… Même si en général j’écris plutôt dans les open-space ou les cafés, j’ai l’habitude de travailler chez moi. Ok, le contexte actuel est tout autre – je suis bien moins tranquille – mais en même temps je n’ai ni deadline ni pression alors ça va -. 

LCV Magazine : Qu’est ce qui vous manque le plus ?

Alexandra Filliez : Ce que je trouve difficile, c’est l’absence de contact direct avec « l’autre », la discussion « Live » hors virtuel, l’énergie qui découle de ces échanges-là… ça me manque. J’imagine que c’est pareil pour tout le monde… L’être humain est tout de même fait pour vivre en société, pas vrai ?  

LCV Magazine : Quels sont vos petits bonheurs quotidiens ?

Alexandra Filliez : Voir un peu partout dans le monde, en commençant par Montréal, ville si humaine, l’entraide et les gestes d’amour qui germent, ou encore tous ces particuliers qui fabriquent des masques, des courses de première nécessité livrées aux plus démunis etc… sont des choses qui me touchent toujours. Je trouve l’Humain beau. Voir aussi la Terre, la nature, qui se porte mieux aussi ! Mais à titre plus personnel, j’apprécie de recevoir les croissants chauds livrés sur mon perron certains matins, cela met du baume au coeur 😉 et en plus, cela aide le boulanger du coin et j’aime ça. Les précieux FaceTime (vive internet!) avec mes parents, en Europe. Aller à l’essentiel. Distraire mes amis qui ont des angoisses passagères, rire avec eux sur des conneries. Je crois que l’amour et l’humour sont, plus que jamais, d’extraordinaires remèdes en cette période incertaine ! Voir mes enfants s’amuser, les câliner, avoir le temps de tout, me lâcher sur un bon repas, le vin, le café. Passer du temps de qualité en famille, des moments de partage. Entendre ma fille laisser des messages vocaux à tout mon répertoire pour leur dire qu’elle les aime. Découvrir un peu mieux l’univers de mon fils, ses récentes petites passions. Et puis il y a toutes ces petites choses qui deviennent des petits bonheurs tels : Un bonjour à ma voisine à travers les arbres ; le printemps qui s’installe ; apprivoiser l’écureuil qui rôde ici ; admirer le fait que l’être humain s’adapte à tout, finalement. Et puis ces moments qu’en temps normal nous n’aurions peut être pas vécu comme l’autre jour, à l’occasion de l’anniversaire d’un de nos voisins, nous avons mis la musique « Happy Birthday » à tue tête jusqu’à ce qu’il sorte sur son balcon. De loin, nous avons trinqué à sa santé, déposé un gâteau devant sa porte et crié qu’on l’aimait… C’était rien, mais il était si ému que ça m’a fait couler une larme….  Ou encore le matin de Pâques, la pâtissière du quartier déguisée en lapin qui est passée déposer des oeufs devant les portes… Ce sont des petites « bulles d’amour et de légèreté » de ce genre, au milieu de cette période incertaine, qui apaisent et réchauffent le coeur.  Mais aussi en apprendre un peu plus sur moi, sur les autres, dans une situation qui teste forcément nos limites Se sentir vivant, malgré tout.  Le monde entier en a besoin…

Merci à Carole Schmitz pour cet entretien régénérant… 😉

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