Un diamant brut nommé Reeves 

Pour ceux qui suivent Dianne Reeves depuis ses débuts sur la scène internationale, ils reconnaissent en cette artiste hors norme « la grande tradition des chanteuses de jazz (Ella Fitzgerald, Sarah Vaughan) et la noble lignée des voix de la soul (Dinah Washington, Carmen McRae) », comme l’évoque avec justesse le communiqué de presse qui annonce sa prochaine tournée en 2018-2019. Même si l’analyse est un peu restrictive, de notre point de vue.

Impétueuse vocaliste, elle a su – au fil des années – imposer une forte personnalité, dont les angles étaient certes saillants au départ. Et pour cause, la concurrence est rude et si l’on a seulement fréquenté les backstages, on peut imaginer qu’il faut certainement sortir ses griffes, lorsqu’il s’agit d’inscrire son talent de femme dans le milieu fermé du Jazz.

20 ans plus tard, force est de constater qu’il suffit de l’observer sur scène, pour comprendre et voir se dessiner les contours d’un charisme évident, d’une force vitale qui en ferait pâlir plus d’un. Alors, si  les sets transpiraient un brin le désir de performance, parfois l’arrogance, au commencement de sa carrière, elle a été rapidement remarquée par les plus grands comme le trompettiste mythique Clark Terry. Ce n’est qu’un point de vue, mais on a instantanément reconnu sa signature mais aussi admiré ses choix de groupes, des musiciens « lourds », comme on dit. Comment aurait-elle pu ne pas « envoyer » avec ces types là derrière elle n’est-ce pas ? On pense au batteur Gregory Hutchinson il y a une quinzaine d’années, ou plus récemment le pianiste Peter Martin, et le guitariste Romero Lubambo. C’est que la certitude d’être portée par ses musiciens donne toujours des ailes à un chanteur, et pour peu qu’il soit doué, il peut se laisser aller à son improvisation et raconter ses histoires, dans toutes ses nuances…

En bref, heureux d’entendre un dernier album qui conserve la précision et la virtuosité des débuts de Dianne Reeves, avec l’enrichissement de la patine des années, et les angles qui s’arrondissent : on attend l’expérience en Live en 2018-2019 avec impatience !

Dianne Reeves by Jerris Madison

DIANNE REEVES, 5 grammy awards.

diannereeves.com

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About Karine Dessale

Fondatrice de LCV Magazine en 2009, la journaliste Karine Dessale a toujours souhaité qu'il soit un "média papier en ligne", et la nuance veut tout dire. A savoir, un concept revendiqué de pages à manipuler comme nous le ferions avec un journal traditionnel, puis que nous laisserions traîner sur la table du salon, avant de nous y replonger un peu plus tard... Le meilleur compliment s'agissant de LCV ? Le laisser ouvert sur le bureau de son Mac ou de son PC, avec la B-O en fond sonore, qui s'écoule tranquillement...
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