Michel Fraile, le rêveur animal

Passionné, voyageur, rêveur inspiré par le décalage des territoires, séduisant et séducteur, Michel Fraile est un personnage atypique et attachant. Son éclectique parcours d’auteur, d’enseignant, de « chineur professionnel » et de photographe, forge son expérience et fait de lui un personnage aux multiples facettes encore et toujours en quête de découverte. Rencontre avec un « arlequin » qui s’assume !

LCV : Quel a été le point de départ de cette aventure animalière ?

Michel Fraile : Le point de depart de cette belle aventure animaliere est simple, je faisais une petite exposition sur le theme du voyage dans un lieu qui s’appelle « Le Nomad’s », et c’est ce lion fierement captif expose dans la vitrine de cet endroit : un intrus qui fascinait les passant et tellement a sa place qui m’a donne envie de l’imaginer ailleurs, de le sortir, de lui faire prendre l’air… du temps et de lui faire sentir les vibrations de la ville me fait de l’oeil… Cette decision prise, j’ai rencontre Anne Orlowska qui possede une tres belle galerie qui s’appelle « Design & Nature » qui a accepte de jouer le jeu en me pretant ses « animaux ». C’est avec l’ours blanc que tout a commence, puis sont venus le zebre, le lion, le tigre… et bien d’autres.

LCV : Vous semblez partager cette phrase de Jean de La Fontaine qui dit : « Je me sers des animaux pour instruire les hommes ». Expliquez nous cela ?

MF : Je n’ai pas voulu donner de lecon, car je n’ai moi meme que peu de certitudes… Et puis qui suis-je pour oser donner des lecons ! Je pense que toutes les experiences sont bonnes et meme les animaux peuvent nous apprendre des choses de par leur comportement. Il a avant tout une volonte de comprendre les animaux… la nature…

LCV : Vous avez dit : » L’homme est le dernier singe arrive, et il sera certainement l’un des premiers a repartir… ». Pourquoi ?

MF : Cela reste avant tout une fable, et a travers ce livre je m’amuse un peu et je fais usage de la derision. Ce livre est avant tout pour moi une invitation au reve, afin que chacun a sa maniere puisse se raconter une fable. Ceci etant les comportements animaux changent en meme temps que changent ceux des hommes, et ce n’est pas toujours sans danger. Cela ne se veut pas apocalyptique mais je ne suis pas certain que l’homme soit le dernier habitant de notre planete.

LCV : Comment avez vous selectionne les endroits ou vous avez place les animaux ?

MF : Je ne les ai pas vraiment selectionne, pas de road-book, ils se sont imposes a moi, et ce fut tres important. La seule chose essentielle etait d’avoir une evocation de Paris sur toutes les images.

LCV : Avez-vous eu des reactions de passants au moment de faire vos photos ?

MF : Oui Bien sur, les passants etaient fascines. J’ai d’ailleurs eu toutes sortes de choses… des cars de coreens, des enfants qui voulaient etre pris en photos. C’etait assez drole et tres interessant.

LCV : Pourquoi avoir choisi Paris pour realiser cet ouvrage ?

MF : Par facilite… (rires). Paris est ma ville, un ville ou ils y a une symbolique tres forte, une architecture, une histoire… Mais qui sais il y aura peut etre un Londres ou un NY sauvage…

LCV : Que represente Paris pour vous aujourd’hui ?

MF : Question piege ! C’est un amour vache avec Paris. Paris est une ville « attachiante ». C’est une ville pas simple dans laquelle il faut avoir son propre rythme et pas se laisser emporter dans le flot des autres. Et puis, c’est aussi la plus belle vie du monde.

LCV : Les megapoles ressemblent-elles a des jungles selon vous ?

MF : Oui bien sur. Les megapoles sont egoistes, rudes, agressives. On peut vite y devenir paranoiaque. Il y a une veritable tension et une charge emotionnelle dans ces grandes villes.

LCV : Quel regard portez vous sur l’etre humain ?

MF : Mon regard est humain. J’aime aller vers les « Hommes ». Je suis plutot bienveillants. Je fait attention a ceux qui m’entourrent… Je suis curieux, alors j’essaie de porter un regard tendre sur les humains. Et puis je suis un eternel optimiste, ce qui ne m’empeche pas d’etre realiste aussi.

LCV : Pensez vous que nous manquons d’imaginaire et de tendresses en ces periodes tourmentees ?

MF : OUI ! Nous manquons de poesie. Nous avons trop de guides : TV, radio… Tout est trop dogmatique. Et finalement nous avons peu de moment de solitude. Et l’abus de technologie nous met en permanence en prise avec la realite. L’imaginaire est donc mis a mal. Il faut savoir se preserver et s’octroyer des instants de liberte.

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